Transat Jacques Vabre 2009 – 15e jour de course : Le monocoque Safran attendu cette nuit au Costa Rica

Par Mille et une vagues

Aux commandes de la course depuis onze jours, le duo Guillemot – Caudrelier Benac devrait arriver au Costa Rica en milieu de nuit (entre minuit et 03h, heures françaises, selon les dernières prévisions). Deuxième lors de la précédente édition, troisième du dernier Vendée Globe, Safran s’apprête à monter sur la plus haute marche du podium.

Copyright : JM Liot / DPPI / Safran

Copyright : JM Liot / DPPI / Safran

Il y a de l’orage dans l’air, les éclairs zèbrent la nuit noire tropicale au dessus du grand spi qui tire un Safran désormais « invisible » vers Puerto Limon. Comme son poursuivant Groupe Bel, Marc et Charles se sont mis en « mode furtif » pour cette ultime portion du parcours. Pas de positions donc d’ici l’arrivée pour les deux protagonistes à la victoire finale, mais à bord, la tension est redescendue d’un cran, comme l’alizé. Les surfs de ces derniers jours à plus de 20 nœuds, là où le risque de casse est omniprésent, appartiennent au passé. Marc est fatigué, mais il sait que le plus dur est derrière lui. « On a encore quelques empannages à faire et les 50 derniers milles risquent d’être assez poussifs, mais notre avance actuelle nous permet d’être sereins. L’écart avec Groupe Bel peut sans doute se réduire, mais ce n’est pas maintenant qu’on va lâcher prise ».

Un joli sillage

Pour espérer gagner, il ne suffit pas d’aller vite, il faut également aller au bon endroit. Cet adage bien connu de la course au large, Marc et Charles l’ont appliqué à la lettre. Depuis la sortie de Manche, le lundi 9 novembre dernier, la trajectoire de Safran est d’une limpidité sans faille. Aucune hésitation dans la route suivie, même en plein cœur de la tempête que Safran a courageusement affronté. « On est conscient d’avoir laissé un joli sillage derrière nous. Comme on ne peut pas tout faire à deux, côté météo, c’est Charles qui faisait le gros du boulot pour récupérer et déchiffrer tous les fichiers, explique Marc. Puis on prenait les décisions ensemble. Nous avons toujours été en accord ».

Safran, poussé à son maximum

En tête depuis le jeudi 12 novembre, soit onze jours de leadership, Safran a non seulement montré le chemin à suivre à ses poursuivants, mais il a également imposé un rythme intense. Groupe Bel n’a jamais réussi à trouver un potentiel supérieur pour revenir sur lui. Mais le meilleur étalon pour définir cette cadence très élevée est sans aucun doute le 60 pieds de Mike Golding. Après la tempête, soit au nord des Açores, l’anglais est à une trentaine de milles du tableau arrière de Safran. Il pointe désormais à plus de 300 milles. « A une ou deux exceptions près, nous avons toujours navigué avec le maximum de toile possible. Cela demande beaucoup d’énergie. On a puisé loin dans nos réserves pour exécuter des manœuvres qui auront été particulièrement nombreuses. Si victoire il y a, elle aura pour cela une belle saveur car on s’est vraiment arraché sur tout le parcours ».

Aucune avarie à déplorer

Un grand spi déchiré juste avant le franchissement de l’arc Antillais, une grand-voile légèrement abîmée lors du gros de la tempête, voilà les seules avaries que Marc et Charles ont à déplorer. Safran, lui, n’a connu aucun dommage même si il  est réputé pour être le plus léger de toute la flotte des 60 pieds IMOCA. Alors que l’arrivée se profile à l’horizon, il mérite plus que jamais son surnom « d’avion de chasse ». Deux ans après sa naissance, il est en passe de signer sa première grande victoire.

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