Rêve américain pour le Maxi Banque Populaire V

Par Mille et une vagues

Copyright : B. Stichelbaut / BFBP

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Le 18 juin dernier, Pascal Bidégorry et ses hommes répondaient à l’appel de l’Atlantique et mettaient le cap sur New-York. Hier soir, vendredi 26 juin, à la tombée de la nuit sur la Grosse Pomme, le Maxi Banque Populaire V a fait son entrée dans la marina de Brooklyn, mettant ainsi un terme à un convoyage formateur et à une belle tranche de vie maritime. Amarré à quelques encablures de Manhattan, le maxi trimaran océanique est d’ores et déjà livré aux mains expertes du Team Banque Populaire qui va s’atteler à une préparation optimale, avant que la cellule météorologique ne puisse déterminer la meilleure des fenêtres pour rallier les Etats-Unis au Vieux Continent…

Au départ de leur base lorientaise le 18 juin dernier, Pascal Bidégorry et ses douze membres d’équipage entendaient non seulement de retrouver leurs marques à bord d’une monture fraîchement sortie de chantier mais aussi, et surtout, reprendre la belle histoire là où ils l’avaient laissée. Avec un noyau dur confirmé et deux nouvelles têtes – Yann Eliès et le tornadiste Xavier Revil – le casting était prometteur pour cette première transatlantique du Maxi Banque Populaire V. A l’arrivée en baie de New-York, le capitaine de cette belle équipe ne pouvait que confirmer ce qui se pressentait sur le papier : « En quittant la Bretagne, je savais déjà que notre effectif était constitué de gens de valeur et je dois dire que je n’ai pas été déçu du tout par nos deux nouvelles recrues. Naviguer avec Yann Eliès est un réel bonheur et je veux adresser une mention particulière à Xavier Revil qui s’est fait aussi bien à la navigation sur un grand bateau qu’à la vie en équipage, à une rapidité exemplaire. Il a été très plaisant de retrouver un rythme de marin en compagnie de tous ces garçons et au final j’ai réellement le sentiment que tout le monde est ravi ».

De la pétole au shaker

Si sur le plan humain, ce convoyage entre Lorient et New-York a tenu toutes ses promesses, force est de constater que sur le plan matériel, toutes les conditions ont été réunies pour effectuer un tour complet du comportement de la machine. En un peu plus de neuf jours de mer, les hommes du Maxi Banque Populaire V auront en effet goûté à toutes les nuances déclinées par la palette météorologique, de la pétole usante pour les nerfs au gros temps sollicitant pour la machine : «  Nous sommes partis avec du portant et des conditions idéales qui nous ont permis de rallier les Açores en deux jours. Derrière, le scénario s’est corsé suite à la présence d’une grosse dorsale Nord/Sud qui nous a obligés à être patients. Nous avons navigué de longues heures dans du petit temps en prenant soin d’économiser notre gasoil. Passé cet épisode au ralenti, nous avons connu 24 heures de navigation dans une mer forte et très hachée. Nous nous sommes fait méchamment remuer. Jamais encore nous n’avions connu de telles conditions et nous avons la confirmation du comportement extrêmement sain de notre monture. Nous n’avons décelé aucun souci et ne déplorons que quelques caisses « baladeuses » dont les fixations seront renforcées en vue du Trophée Jules Verne ».

Drôle d’endroit pour une rencontre…

Un esprit d’équipe inébranlable sur un bateau performant et sain… ne voici pas le rêve de tout meneur d’hommes qui part à la conquête de records océaniques ? Pascal Bidégorry et le Team Banque Populaire ont donc aujourd’hui toutes les raisons de se réjouir du travail fait depuis la mise à l’eau du Maxi Banque Populaire. Mais cette traversée de l’Atlantique d’Est en Ouest leur a également permis de se voir confirmer la crainte de tout navigateur : le risque permanent de la réduction des espoirs à néant par un élément extérieur. Pour mettre en images ces dangers, Pascal Bidégorry revient sur ces rencontres que l’on aimerait parfois faire de plus loin : « Nous avons vu un nombre incroyable de mammifères marins. C’est toujours étonnant de voir notamment des baleines d’aussi prêt… d’un peu trop à mon goût parfois. Il y a un côté fascinant dans ces rencontres et dans le spectacle qu’elles offrent mais la peur de la collision est également permanente et donc la veille accrue. Nous avons également dû observer une route relativement Sud pour la saison car nous avons décelé la présence d’icebergs par 40° Nord et dans une eau à 18° C. Cela n’a entravé en rien notre navigation vers New-York mais le voyage retour à cette période aurait été plus complexe. J’ai toutefois bon espoir que la route se dégage très vite au Nord dans la mesure où l’eau se réchauffe ».

Presque dix jours après leur départ, des images et des sensations plein la tête, Pascal Bidégorry et ses hommes ont donc amarré leur trimaran géant dans la ville de toutes les démesures.  Et comme pour célébrer de la manière la plus spectaculaire qui soit leur arrivée à New-York, les cieux se sont chargés du comité d’accueil : « Nous avons terminé notre navigation sous un orage incroyable avec la tempête et 40 nœuds de vent à 25 milles de l’arrivée. Des nuages aux couleurs, en passant par l’atmosphère qui régnait à bord… le tableau était digne d’un film de Steven Spielberg ! ». Pas de doute, New-York a gagné le cœur du Team Banque Populaire qui y restera jusqu’à ce qu’une fenêtre leur ouvre la voie du record de la traversée de l’Atlantique Nord.

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