Monocoque Safran : Pas d’escale technique pour Safran

Par Mille et une vagues

Marc Guillemot et Yann Eliès ont finalement décidé de ne pas faire d’escale technique en République Dominicaine comme ils l’envisageaient depuis dimanche. Ils veulent se battre jusqu’au bout en mer des Caraïbes pour conquérir le meilleur classement possible, l’arrivée étant prévue ce week-end.

Au téléphone ce matin, Marc Guillemot a été bref mais précis pour expliquer sa décision : « Nous avons passé le point géographique où nous pouvions faire le stop prévu. Après mûre réflexion, nous avons finalement décidé hier soir de ne pas nous arrêter. Cette décision n’a pas été simple à prendre, compte tenu de l’organisation qui a été mise en place. Mais quand nous avons mesuré le positif et le négatif, nous nous sommes rendus compte que rejoindre l’endroit prévu nous coûtait minimum 5 à 6 heures, plus le temps de l’intervention. Nous annulons donc l’escale technique et continuons comme ça, car c’est motivant de se dire qu’on peut jouer la 6e, voire la 5e place au Costa Rica. »

« La bagarre n’est pas terminée »

Le skipper de Safran – qui n’a jamais abandonné une course avec ce bateau – veut se battre. Encore et toujours. Avec Yann Eliès, ils prennent donc le risque mesuré de couvrir le dernier millier de milles en mer des Caraïbes avec un bateau qui ne peut plus être dirigé que par le pilote automatique et pas toujours avec les voiles adaptées au temps. « Un bateau à 85% de ses capacités », estime Marc. Il est vrai qu’être repassé hier devant Gamesa (Mike Golding) et Mirabaud (Dominique Wavre), est très motivant pour Marc et Yann. Les deux marins de Safran assurent qu’ils n’ont pas dit leur dernier mot non plus par rapport à Groupe Bel (6e), voire Bureau Vallée (5e). « Groupe Bel est plus véloce que nous aujourd’hui, mais la bagarre n’est pas terminée, insiste Marc Guillemot, il y aura notamment la négociation d’une dépression tropicale en formation sur le Costa Rica dans le final. Donc il y a forcément des choses à faire d’ici l’arrivée… »

Un risque calculé

A bord de Safran, Marc Guillemot et Yann Eliès, sont aux aguets en permanence pour suivre les oscillations du vent. Avec, comme seul outil disponible, la télécommande du pilote automatique, barrer à la main étant impossible depuis l’avarie. Un « jeu » forcément stressant dans des alizés soutenus  – 25 nœuds – mais instables sous les grains : le moindre retard ou la plus petite erreur dans ce pilotage « presse-bouton » (+10 degrés, -10 degrés, etc.) peuvent entraîner immédiatement de lourdes conséquences. Marc et Yann assument ce risque. Réel, mais calculé. Si tout va bien, l’arrivée de Safran à Puerto Limon est attendue dans la nuit de samedi à dimanche. En quelle position ? Wait and see…

Au pointage de 11h ce mercredi 16 novembre, Safran 7e, positionné par 17°50 Nord et 69°12 Ouest, à 50 milles dans le sud-ouest de Mona Passage et à 30 milles à la verticale nord des côtes sous le vent de Saint-Domingue. Distance à l’arrivée : 931 milles. Vitesse : 16,7 nœuds.

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