Monocoque Safran : Marc Guillemot : « on a changé notre fusil d’épaule »
Au nord des Açores, Safran met du sud dans sa route. Le but : éviter le plus gros de la dépression, très creuse, qui arrivera sur la flotte cette nuit de dimanche à lundi. Et rejoindre plus vite les alizés ensuite. Marc Guillemot et Yann Eliès ont changé leur stratégie.
La nuit de samedi à dimanche a été mouvementée, une fois de plus, sur la Transat Jacques Vabre. Ce dimanche, Marc Guillemot raconte : « après avoir franchi hier samedi le nord de l’anticyclone, nous avons passé une partie de la nuit un peu sous l’eau, dans 35 nœuds de vent et une mer agitée. Le bateau tapait beaucoup et c’était très inconfortable. Mais depuis quelques heures nous avons 15 nœuds de sud-ouest et une mer un peu assagie, ça fait du bien au matériel et aux bonhommes ».
Eviter le gros de la dépression
Voilà pour le décor, alors que Safran navigue à une quarantaine de milles du nouveau leader Hugo Boss (Alex Thomson/Guillermo Altadill). Les IMOCA bénéficient aujourd’hui dimanche de conditions un peu plus clémentes, à quelque 200 milles dans le nord de l’archipel des Açores. Mais c’est le calme avant la tempête car ce qui occupe tous les esprits c’est l’arrivée d’une nouvelle dépression, très creuse, la nuit prochaine. Faut-il tenter de l’éviter en faisant route au sud ? Ou bien l’affronter en espérant des jours meilleurs ensuite, sur une route nord plus courte ? Là est toute la question.
Jusqu’ici Marc Guillemot et Yann Eliès étaient partisans du nord. « Mais on a changé notre fusil d’épaule », explique le skipper de Safran. Marc poursuit : « nous savons que nos allons perdre du terrain, mais il y a certaines circonstances comme celle-ci où le classement devient secondaire. La dépression est très creuse, c’est une méchante petite bombe avec des vents de plus de 50 nœuds et une mer très forte. On ne se voit pas emmener le bateau là-dedans. » En exploitant au mieux les bascules de vent – en alternant bord au sud et bord à l’ouest, « en escalier » – le duo de Safran met donc du sud dans sa route, dans l’axe arrière de Cheminées Poujoulat et Banque Populaire. Macif et Groupe Bel tracent une route encore plus extrémistes au sud, alors qu’Hugo Boss et Virbac-Paprec semblent insister au nord.
« Nous allons nous battre »
« Nous avons pris notre décision un peu trop tard » avoue Marc Guillemot, « c’est pour cela que nous avons reculé au classement. Evidemment nous préférerions être à la place de Macif ou Groupe Bel qui ont très bien navigué. Mais c’est la course… et elle est loin d’être finie ! Nous n’en sommes qu’au premier tiers et il va se passer encore beaucoup de choses. Ce qui est certain c’est que nous allons nous battre pour tenter de revenir. » Safran a perdu une première bataille mais pas la guerre : il reste plus de 3 600 milles à parcourir, soit plus de 6 600 km, avant l’arrivée au Costa Rica… Au pointage de 11h, Safran avait d’ailleurs regagné un rang, en chipant la 7e place au PRB de Vincent Riou et Hugues Destremau.
Pointage de 11h00 le dimanche 6 novembre 2011 :
Safran 7e à 45,1 milles du leader Hugo Boss, par 42°03 Nord et 24°26 Ouest. Vitesse moyenne 9,6 noeuds. A 3 633 milles de l’arrivée à Puerto Limon (Costa Rica).
